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30.06.2009

Une si belle amitié_____Par ARTHURINE

Ils marchaient depuis bien longtemps, avaient traversé bien des contrées, passé bien des montagnes, dormi au creux de vallées.

 

Aussi loin que remontaient leurs souvenirs, ils avaient toujours été amis. L'un de couleur fauve, sa crinière superbe était à l'origine de son nom de "BEL", l'autre tout de plumes vêtu et d'un pourpoint jaune et rouge, hardi sur ses ergots, son nom de "HIC" remontait à la nuit des temps. L'on sait cependant que lorsque HIC chantait, ceci se traduisait par "cocori HIC co et ainsi de suite d'où probablement, selon les anciens, son nom.

 

Quoiqu'il en soit, nos deux amis, le lion et le coq, fourbus par leur périple, décidèrent de s'arrêter pour la nuit.


Que penses-tu dis le lion BEL au coq HIC, de nous chercher un petit lit de mousse bien moelleux pour la nuit ?  Oh, répondit HIC, tu sais, moi une petite botte de paille, me suffirait, ma fatigue est tellement grande, que je m'endormirais sans berceuse.

 

BEL et HIC tirèrent à la courte paille et BEL l'emporta.

 

Nos deux compères se préparèrent donc pour passer la nuit. Ils choisirent toutefois avec grand soin leur endroit et se décidèrent pour le creux d'un vallon qui leur paraissait particulièrement ouatiné. A peine installés, HIC reçut, dans les plumes, un coup de patte de la part de BEL.

 

Eh, l'ami, dis HIC, tu es déjà plus grand et plus fort que moi, laisses-moi au moins une petite place, dit HIC. Bien sur, répondit BEL, mais ne sens-tu rien ? Il y a comme un gros caillou sous notre couche.

 

Non, répondit HIC déjà endormi et ouvrant péniblement les yeux. A ce moment là, la lune éclaira leur petit nid et nos deux amis virent, sous leur couche, non pas un gros caillou mais une étrange plaque en forme de flèche.

 

A fichtre, dit BEL le lion, il ne manquait plus que cela, tu vois on aurait dû suivre ton idée et chercher une botte paille ! Devant la mine déconfite de BEL, HIC ne chanta pas victoire. Mais non, lui dit-il, je vais t'arranger tout cela et te préparer ton petit lit, laisses-moi faire.

 

Emu, touché, BEL, le grand, le fort, se laissa dorloter par HIC, le petit, le hardi.

 

Ce que découvrit alors HIC, les laissa l'un sans rugissement, l'autre sans cocori HIC co. Cette étrange flèche portait des signes effacés mais l'on pouvait encore voir la trace d'un "B" et de "IQ".

 

Regardes dit BEL, étrange, la première lettre de mon nom et, si on prononce les deux autres, cela se prononce comme le tien. Mais fatigués de leur voyage, nos deux amis, se couchèrent et s'endormirent bien vite. Leurs rêves furent peuplés d'un endroit appelé "BEL" pour l'un et de "HIC" pour l'autre.

 

Le petit matin les trouva frais et dispos et tenaillés d'une grande faim, grande faim que craignait parfois "HIC" malgré leur amitié, car il savait que, dans ces moments là, BEL pouvait n'en faire qu'une bouchée.

 

Ils restaient cependant tous deux plongés dans leur rêve. Et chacun de leur côté songeait à "leur endroit", que dis-je, "leur pays" et pourquoi pas "leur état".

 

Poussés par la faim, ils laissèrent toutefois, chacun, leur rêve d'un état derrière eux et partirent en reconnaissance. Le lion suivant le coq ou le coq suivant le lion ou marchant côté à côte dans les endroits vallonnés tout en fredonnant un petit air de leur composition où il était question de, lorsqu'il l'aurait trouvé, défendre leur pays avec noblesse et fierté et de la chérir.

 

Ce qu'ils découvrirent dépassait de loin tout ce qu'ils avaient pu voir depuis le début de leur voyage, qui remontait, comme on ne vous l'a peut être pas dit, tellement loin, que même les anciens ne s'en souvenaient pas.

 

A perte de vue s'étendait devant eux, des forêts vertes et belles entrecoupées de vallons à couper le souffle, où se mêlait des tapis fleuris passant du jaune au bleu tendre. Ceci les laissa non seulement sans voix mais les yeux tellement écarquillés devant tant de beauté qu'ils décidèrent d'appeler ces fleurs des "Iris".

 

Ils se promenèrent, mangèrent, étanchèrent leur soif. Chaque jour leur apportait des joies et des émerveillements supplémentaires. A leur bonheur, il ne manquait rien ou presque, si ce n'est, qu'il restait divisé sur leur souhait de partir ou de rester dans ce pays, véritable pays de cocagne.

 

Eh, dit un matin BEL, le lion, et si on le partageait ? Je pourrais habiter le Nord et y vivre heureux et tu pourrais habiter le Sud et y mener belle vie. Ou, si tu préfères, tu irais au Nord et moi au Sud.

 

Oh non, répondit HIC, le coq, tu vois avec ton manteau et ta belle crinière, tu pourrais plus facilement que moi affronter les vents qui soufflent dans les plaines et je pourrais mieux, au creux des forêts protectrices,  m'abriter et protéger mon plumage et mon chant, qui est comme tout le monde le sait, le chant du Coq.

 

Topes-là dit BEL, et chacun reprit la route, l'un vers le Nord et l'autre vers le Sud.

 

Quelques jours passèrent, puis des semaines. Chacun de leur côté, BEL le lion et HIC le coq, songeaient à leur belle amitié, à la force de l'un et à la hardiesse de l'autre.

 

L'un sans l'autre, ils étaient orphelins. D'un même élan, ils rebroussèrent chemin et au milieu de la clairière qui les avait vus se séparer, ils scellèrent, au milieu du champ d'IRIS, leur amitié et leur UNION retrouvées.

 

Restait à donner un nom à LEUR pays.

 

Ils cherchèrent et, lorsque la nuit tomba, ils réfléchissaient encore. C'est alors qu'ils se rappelèrent cette étrange plaque en forme de flèche.

 

Eh, dit BEL, si on y songe, en réunissant  nos deux noms cela donnerait : "BEL – HIC".

 

Pas mal, répondit HIC, mais un peu "brut" comme nom. Et si on remplaçait le C de mon nom par le "Q"indiqué sur la flèche, en référence à mon beau panache ?

 

Oh oui, approuva BEL, mais ne trouves-tu pas que ce nom est un peu court pour une aussi grande amitié que la nôtre ? On pourrait ajouter après le "Q" qui remplace ton "C", le "U" comme Union, comme notre amitié.

 

Tu as raison, dit HIC, et pour faire joli on le terminerait pas un "E" comme Etat.

 

De bonheur, de joie de s'être retrouvés, le lion BEL et le coq HIC, poussèrent un grand soupir. Ils ne pensaient pas qu'il pu y avoir sur terre, plus heureux qu'eux. Ils leur fallaient sceller leur belle amitié, laisser une trace. Ils pensèrent, en même temps, à la fameuse plaque en forme de flèche et d'une seule et même voix, d'une même idée, unis, ils partirent à sa recherche.

 

Elle était là, à l'endroit de leurs premiers pas dans LEUR PAYS. Après un sérieux nettoyage, un coup de peinture, l'un aidant l'autre, ils leur restaient à graver le nom de leur royaume.

 

Ils hésitaient toutefois, un petit rien, oh pas grand-chose, les dérangeait lorsque tous deux lisaient : BEL-HIQUE sur la belle plaque qui indiquerait la direction, l'entrée de leur état.

 

Ils regardèrent LEUR flèche, de tous les côtés, la tournèrent dans tous les sens, décidément, oui, quelque chose n'allait pas, mais quoi ….

 

La matinée, se passa, midi arriva et dos à dos, ils cherchaient toujours. C'est en se tournant l'un vers l'autre qu'ils comprirent, tous les deux, ensemble, au même moment.

 

Mais oui, ce qui n'allait pas, mais comment ne l'avaient-ils pas vu plus tôt, c'était le tiret entre leurs deux noms qui les dérangeait.

 

Pour le futur et tous ceux qui charmés par ce petit coin de paradis souhaiteraient s'y arrêter et indiquer aux autres voyageurs qu'ils rencontreraient au cours de leurs périples le nom de cet Eden plein de charme où il fait bon vivre, ce n'était pas BEL – HIQUE qu'ils devaient écrire mais bien BELHIQUE et afin que nul ne doute de la Grandeur de leur amitié y ajouter un "G" entre le BEL et le HIQUE.

 

Le temps passa et l'histoire ne dit pas ce que devinrent BEL le lion et HIC le coq. Leur belle amitié résista-t-elle, nul ne le sait. Les vents et les pluies effacèrent petit à petit le H mais le BEL et le GIQUE restèrent.

 

Et puis un jour, suivant les anciens, un lionceau et un poussin mâle, partirent en voyage, marchèrent longtemps, s'arrêtèrent pour dormir au sein d'un endroit de rêve, le lionceau reprocha au poussin devenu entre-temps coquelet de prendre toute leur couche,

 

Le coquelet furieux d'abord, fit remarquer au lionceau que ce n'était pas lui qui prenait trop de place, mais … une étrange plaque en forme de flèche, sur laquelle on pouvait encore lire, un "B" et un "IQ" …

 

Commentaires

beaucoup appris

Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009

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