15.06.2009
Le royaume de Belgique_____Par Alcalipatro
Il était une fois un coq wallon.Tout petit sa maman poule lui avait appris à aimer ses frères et soeurs poussins.Mais lui allait devenir un coq fier, destiné à défendre ses poules et sa basse-cour des prédateurs.Tous les matins, au lever du soleil, il chantait haut et fort sa bonne humeur et réveillait la maisonnée et ses environs...
Pendant la journée , en picorant, il se remmémorait le passé, les collines verdoyantes de Wallonie, le tragique Pays Noir, les terrils, les fumées des hauts-fourneaux, les journées rythmées aux poses des ouvriers, qu’il voyait partir le matin très tôt, parfois levés avant lui et revenir très tard quand son poulailler et ses poules dormaient déjà.
Sa vie de coq lui plaisait.
Un beau jour, un petit garçon s’arrêta à la ferme et le remarqua.
De jour en jour la visite journalière du petit Bernard brisait la monotonie de la vie du coq.Ce dernier se surprenait même à attendre sa visite ponctuelle. Une profonde amitié allait lier Bernard et le coq.Le coq, pourtant avare à déployer ses sentiments, le laissait le caresser et lui parler doucement, tout en gardant un oeil sur ses poules.
Alors le jeune garçon lui raconta son histoire.Le jeune coq à la crête bien rouge prit l’habitude de l’écouter avec patience. Ainsi Bernard apprit au coq qu’ils habitaient tous deux un pays indépendant : le Royaume de Belgique.Bernard y était arrivé avec sa famille le 21 juillet 1835. Ses parents travaillaient au service du prince Léopold de Saxe-Cobourg Gotha, le neveu chéri de la reine Victoria d’Angleterre.
Ainsi le jeune coq apprit que le pays où ils habitaient Bernard et lui , après de nombreux périples, changement de pouvoir et autre pérégrinations, était tout récent et que si son ami lui parlait en Français, il y avait des gens qui parlaient une autre langue : le flamand.
»C’est quoi le Flamand ? » demanda le coq.
« Et bien, lui dit Bernard, si tu veux bien, nous irons rendre visite à nos amis flamands.Je te mettrai dans une cage et nous partirons à pied pour un long voyage.
Le coq avait une peu peur de l’inconnu. Les flamands étaient-ils plus dangereux que les renards qui venaient parfois visiter le poulailler et abîmer ses poules ?
Bernard lui raconta que le brave lion défendait le pays flamand avec ses grandes griffes.
Un lion ? C’est quoi un lion ? se demande le coq.
En cherchant bien dans la bibliothèque de ses parents, Bernard découvre un livre avec des reproductions et des photos d’animaux exotiques et le montre a son ami.
« Un lion ne vit pas dans notre pays .il se promène et chasse dans les plaines africaines, bien loin d’ici ! C’est un animal dangereux et très courageux ! Il est le roi des animaux, comme toi tu es le roi de ton poulailler ! »
Le coq est de plus en plus curieux et avide de faire connaissance avec ses concitoyens les flamands, courageux comme leur emblême le lion !
En cour de route, les deux compères croisent les oies qui viennent en masse occuper les plaines flamandes avant de repartir vers d’autres horizons. Les hirondelles, ces oiseaux si petits et à l’allure si frêle mais qui ont la force de faire chaque année 2000 km pour nicher dans nos contrées et élever leurs petits.En bord de mer et près des ports, les mouettes et leurs cris stridents leur font un peu peur...
En lieu et place des vallons, la Flandre est toute platte et le grand vent fait pencher les arbres sur les bords des canaux.
Mais toujours pas de lion en vue ! Alors Bernard décide d’emmener le coq vers Anvers. Depuis peu on y a inauguré un jardin zoologique.
Un grand lion fait la sieste.Le coq est abasourdi.
« Est-ce ce gros chat dormant qui est le roi de la jungle et de la savane ? »
Le coq se met à chanter pour réveiller le lion. Il est de toutes façons habitué à réveiller tout son monde aux premières lueurs.
Mais rien n’y fait.Le lion continue à dormir.
Alors le coq se décide d’aller se poser sur la tête du lion Sa crinière est chaude et douce et le coq , fatigué de son long voyage est content de se reposer un peu.
Le lion rêve et se revoit courant dans la savane africaine.C’est beau l’Afrique ! Le ciel s’incendie le soir et le rouge et le noir s’épousent en harmonie.Rien n’est aussi calme qu’une nuit africaine.
Ainsi le coq wallon et le lion flamand dorment ensemble, l’un rêvant de ses collines et l’autre de son Afrique..
Soudain le lion se réveille et se met à bailler, découvrant son énorme mâchoire.Le coq ,effrayé, sort ses griffes et blesse légèrement le lion qui se met à rugir...
Les deux animaux jettent un regard étonné vers Bernard.
Alors, avec sa patience légendaire, ce dernier leur explique leur histoire commune.
« Il était une fois la Belgique.De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves.Voila pourquoi vous deux, chacun forts et courageux, êtes les emblèmes de vos régions.Ainsi le royaume de Belgique a su réunir deux langues et deux cultures »
Le lion et le coq écoutent avec attention et dévotion le jeune garçon leur parler de leur pays.
« Quand Léopold de Saxe-Cobourg Gotha débarque à La Panne, il accepte de diriger en tant que roi un tout nouveau pays.Tout est neuf pour lui mais ils sent capable d’assumer son destin.Voici maintenant presque deux siècles que la Belgique est née. Le drapeau noir, rouge et jaune rappelle vos couleurs de coq et de lion. La Brabançonne résonne à chaque occasion et fait vibrer mon âme nationnaliste.A vous voir, mes deux amis, toi le coq wallon et toi le lion flamand, vous devez redonner un nouveau souffle de vie au Royaume de Belgique car selon sa devise : L’union fait la Force »
Et sur ce le lion et le coq se donnent un franche accolade et se serrent les pattes en signe de commun accord : <vive la Belgique>.
Au coucher du soleil, le coq se repose à nouveau sur la crinière du lion et Bernard s’en retourne sur le bout des pieds les laissant à leur nouveau rêve commun cette fois-ci d’une Belgique unie et forte.
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